
Certains cocktails semblent avoir été conçus pour traverser le temps. Le Churchill fait partie de ceux dont le nom évoque immédiatement une époque, une stature, une personnalité plus grande que nature.
La légende veut que ce cocktail ait été créé en l’honneur de Winston Churchill, lors de l’une de ses visites à l’hôtel Savoy à Londres. À cette époque, le bar du Savoy était bien plus qu’un simple comptoir : c’était un lieu de passage pour les figures politiques, artistiques et intellectuelles du XXᵉ siècle.
Derrière le bar, Joe Gilmore, barman emblématique de l’établissement, était reconnu pour sa capacité à traduire une présence, un tempérament, en un équilibre de saveurs. Churchill, connu pour son esprit acéré, son rapport décomplexé à l’alcool et son goût pour les boissons de caractère, offrait un terrain de jeu idéal.
Le cocktail qui porte son nom reflète cette image : une structure nette, une tension entre douceur et vivacité, et une finale sans concession. Vermouth rouge, agrumes et spiritueux s’y rencontrent dans un dialogue franc, presque politique.
Une interprétation à l’Acerum ambré
Dans notre relecture du Churchill, le whisky cède sa place à l’Acerum ambré. Ce choix permet de conserver la colonne vertébrale du cocktail tout en y ajoutant une profondeur différente : des notes boisées, une rondeur subtile et une signature résolument québécoise.
Cette version ne cherche pas à moderniser à outrance, mais plutôt à faire dialoguer deux héritages : celui des grands bars européens et celui des spiritueux d’ici. Le résultat reste fidèle à l’esprit du Churchill, un cocktail droit, affirmé, chargé d’histoire.
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